Son histoire
Par Ursula Rhyner
Grange, les Granges (lieu-dit, hameau au nord de Giron- Derrière)
Granica était « le lieu où on entreposait le grain ». Au Moyen Âge, les moines y rassemblaient les récoltes ou la part de récoltes que les paysans leur devaient. Rappelons ici que Giron dépendait alors du prieuré de Nantua. Les granges étaient parfois fortifiées. Sur la carte Cassini, « Le Verger » et sa peut-être maison forte se trouvent à peu près à l'emplacement des lieux-dits Les Granges, Sur les Tours et Sous les Tours.
Un entrepôt du Maquis aux Granges
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la situation de Giron et son isolement relatif ont été mis à profit pour abriter des groupes de la Résistance. Le village et les forêts alentour ont servi de refuge à une population nombreuse fuyant devant les incursions des Allemands. Ces derniers venaient contrôler le battage. Les habitants devaient leur fournir du blé, du fromage et du bétail. Mais ils devaient aussi surveiller jour et nuit la ligne électrique de Giron et veiller à ce que le Maquis ne la fasse pas sauter.
Aux yeux des Allemands, les villageois en étaient responsables. Il fallait également surveiller la station de pompage au bord de la Semine, car les coupures de courant étaient fréquentes et il s'agissait alors de remettre précautionneusement la pompe en route. Le Maquis du crêt de Chalam aurait prélevé du bétail et du matériel à Giron, qu'il entreposait dans la ferme des Granges.
Après la dissolution de l'armée française en 1942, des habitants ont camouflé des armes, d’abord au bord de la route de Belleydoux, puis ils les ont jetées en bas du tombaret de la maison forestière, profond de 25 mètres, sur le Plateau de Champfromier. Les gens mettaient les voitures en panne, cachaient les saloirs et l'essence dans les tas de bois, les objets de valeur et les vélos dans la forêt, mais il arrivait qu'ils ne se rappelaient ensuite plus des emplacements de leurs caches. En 1943, les jeunes nés entre 1920 et 1923 étaient réquisitionnés pour le Service du travail obligatoire (STO) pour l'Allemagne. Quelques Gironnais ont été réfractaires et se cachaient dans la forêt quand les Allemands étaient dans les parages, quelques-uns ont rejoint le Maquis et au moins un a été fait prisonnier de guerre.
En 1943, un milicien a été tué par le Maquis et jeté dans le tombaret de la Caserne (Buclaloup), profond de plus de 40 mètres, à l'est de Charnegoy. Ilsemble que l’on en ait beaucoup parlé à Giron. Ses os ont été retrouvés par des spéléologues genevois en 1952, avec deux trous de balle dans le crâne.
Cette même année 1943, les jeunes sont allés récupérer les armes dans le tombaret de la maison forestière pour les donner à l’Armée secrète à Saint-Germain-de-Joux. Ils sont descendus avec des cordes à nœuds et ont bricolé un treuil à foin pour remonter les armes. Le jour de Pâques 1944, des Allemands de la Wehrmacht avec des miliciens sont venus à Giron depuis Belleydoux et ont rassemblé tous les hommes pour savoir où étaient les maquisards. Personne n’a rien dit. Les Allemands auraient fait incendier la ferme de la Raverette par son propriétaire, et tenté de mettre le feu à une petite usine de celluloïd sur la route de Belleydoux, dite « l'usine à Bondet », aujourd'hui une maison d'habitation. Ils auraient découvert des traces du passage de maquisards dans cet atelier de fabrication de peignes abandonné. Joanny Reybier, fromager à Giron, puis à Saint-Germain-de-Joux, aurait stocké des pneus et de l’essence dans une ferme de Giron. Les Allemands auraient tout fait exploser en avril 1944, puis fait prisonniers Joanny et ses deux fils dans une école de Bellegarde. Tous les trois ont réussi à s’échapper et sont restés cachés jusqu’à la fin de la guerre.
Les résistants descendaient au village la nuit. Un code visuel a été établi avec les résistants et les jeunes réfractaires : lorsque le foulard blanc de chez la Zoé dans la rue de la Scierie actuelle, mais aussi chez d’autres habitants semble-t-il, était accroché à sa fenêtre, il n'y avait pas de danger. Des munitions ont été parachutées non loin du village, probablement à côté du parking actuel de La Frasse, où l’on trouve encore des restes de conteneurs métalliques et des cartouches de fusils. Un habitant de Mures a vécu une vraie belle frayeur durant cette période : il avait laissé ses deux bœufs de trait attelés à son char à bois chargé pendant une nuit sur la route pour descendre le lendemain à Saint-Germain-de-Joux. Les résistants ont retourné le char pour barrer la route aux Allemands. Quand le propriétaire a essayé de remettre son attelage d'aplomb, les Allemands sont arrivés et lui ont tiré dessus : il s'en est sorti indemne, mais un bœuf a été tué et l'autre blessé. Une autre fois, des habitants ont coupé des arbres qu’ils ont mis en travers de la route de Belleydoux pour freiner les Allemands. Ceux-ci ont demandé à ces mêmes jeunes de les enlever, sans savoir qu’ils étaient à l’origine du forfait.
En juillet 1944, le colonel Henri Romans-Petit, chef départemental de l’Armée secrète, a installé son poste de commandement dans la maisonGarbit à Giron, après avoir prématurément libéré Bellegarde en juin 1944, sans en avoir reçu l’ordre du Comité départemental de libération. Une réoccupation par les Allemands avait suivi le 14 juin, avec des pertes
humaines parmi les maquisards, accompagnée d’une terrible répression contre la population. La ville sera définitivement libérée les 16 et 17 août par les Francs-tireurs et partisans (FTP) de Haute-Savoie, puis contrôlée par la Résistance locale. Sur ordre du général de Gaulle, Romans-Petit sera suspendu de son commandement en septembre, emprisonné, puis libéré fin octobre et transféré à Paris avec interdiction de se rendre dans le département de l’Ain. C’est lui qui a ensuite initié, à partir de 1968, les rassemblements annuels à la Borne au Lion, en souvenir des résistants qui s’y étaient repliés en juillet 1944.
Colonie, Voie communale dite de la Colonie (au nord de Giron-Derrière, dans la hameau des Granges)
Le centre de vacances actuel de la Fauconière (avec un seul « n »), au bout de la voie communale de la Colonie, a été racheté à Bellegarde par la Fédération des œuvres laïques de l'Ain (FOL) en 1982, puis rénové et agrandi avec l'adjonction de gîtes et de salles à l'arrière. C'était d’abord une ferme, puis une colonie de vacances de la ville de Bellegarde. Elle a été inaugurée en 1949. Les enfants dormaient alors dans l'ancienne grange. Le bâtiment a été agrandi en 1955.
Une construction nouvelle de quatre étages lui a été adjointe en 1957 afin d'assurer la mixité des séjours. Devant la baisse de la fréquentation par les enfants de Bellegarde, la Ville a loué la colonie à la FOL de 1979 à 1982.
Des anciens racontent que pendant la Seconde Guerre mondiale le Maquis y avait des bêtes, mais les Allemands n’auraient rien vu quand ils sont venus à Giron avec des miliciens le jour de Pâques 1944. Ils avaient rassemblé tous les habitants pour savoir où étaient les maquisards.
Personne n’a rien dit. Des résistants s'étaient alors repliés depuis la vallée de la Valserine sur les hauteurs des Avalanches et de Giron, et du côté de la combe d'Évuaz et du crêt de Chalam. Après le cyclone de 1946, une quinzaine de bûcherons italiens logeaient dans la ferme pour exploiter les chablis.
L'histoire ne s'arrête jamais vraiment, elle se transforme, évolue et s'enrichit de nouveaux chapitres. Le Chalet de la Fauconnière, autrefois témoin de tant de souvenirs, s'apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Désormais, il sera connu sous le nom "Le Chalet des Mystères".
Ce changement de nom n'est pas anodin. Il symbolise une métamorphose, une invitation à l'explorer et à percer les secrets qui sommeillent entre ses murs. Le Chalet des Mystères deviendra un lieu où l'imagination n'a pas de limites.
Que vous soyez un aventurier, un détective amateur ou simplement un voyageur curieux de vivre une expérience hors du commun, le Chalet des Mystères vous ouvre ses portes. Laissez-vous emporter par le mystère, laissez-vous surprendre par l'inattendu et préparez-vous à vivre des moments inoubliables.